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Comment tu as grandi… tu as grandi
dans mon sein comme du blé… tu as grandi comme un
immense songe doré ensemencé dès le premier geste… tu as
grandi comme le vent léger, la lune nouvelle, la marée
haute… tu as grandi très vite… tu as grandi habilement
paisiblement tapi dans le silence de la nuit… tu as
grandi en entendant l’implicite des choses que je n’ai
pas dites et que jamais je ne réussirai à dire… tu as
grandi jusqu’au delà… tu as grandi avec l’envie de
grandir et tu m’as fait déborder de poèmes… tu as grandi
en tenant compte des parois blanches de mon intérieur et
tu as grandi dans le jaunissement de mes vieilles
photographies accrochées au mur… tu as grandi
démesurément dans mes matins du 4 janvier… tu as grandi
dans les démences de mon sourire retenu… tu as grandi
comblant les espaces, les dallages que mon
désenchantement a produits sur les routes déchaussées
par les pluies non venues à l’intérieur de mes non
vérités… tu as grandi au-delà… tu as grandi à la nuit
tombante, à l’heure d’arrivée et de partir… tu as grandi
à foison à l’heure du retour… tu as grandi occupant
toute mon armoire et l’isolement de mon sein… tu as
grandi en toutes les couleurs qui ont annoncé ta venue…
tu as grandi quand tu n’es pas venue et quand tu ne
pouvais pas venir… tu as grandi quand tu as amené le pur
arc-en-ciel de la prochaine rencontre… tu as grandi
emportant les cicatrices encore agrippées à mon sein… tu
as grandi en diminuant les distances… tu as agrandi l’étoile
dans mon sein aliéné par nos amertumes, et comment tu as
grandi… tu as grandi quand tu m’as illuminée de l’intérieur
en me permettant d’entrevoir dans les nuits les plus
obscures… tu as grandi dans l’immense étreinte que j’attire
retenue sous nos rides… tu as grandi dans le baiser, tu
as grandi, grandi, grandi en disant “je promets” et tu
es devenue plus grande que toutes tes promesses… tu as
beaucoup grandi et tu ne t’es pas rendue compte que tu
avais tant grandi… tu as grandi en me permettant de
nouvelles découvertes… tu as grandi en m’envoyant des
signes d’espoirs que je puisse grandir aussi...
Oyananda
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